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Contrats d’âme : comprendre les liens qui nous façonnent

CROYANCE/THÉORIETÉMOIGNAGE

Perrine Lépolard

12/30/20257 min read

J’ai rédigé certains articles il y a un an, notamment celui sur la famille d’âme et celui sur les contrats d’âme. J’ai profondément hésité à les poster, car je suis moi-même entrée dans le jeu de certaines dépendances qui y sont reliées.

Quand on parle de famille, il est difficile de ne pas évoquer les contrats. Tu es de ma famille, oui. Mais qui es-tu ? Quel est ton rôle auprès de moi ? C’est comme une sous-catégorie où se croisent des étiquettes, des “devoirs”, des idées reçues… mais aussi un commerce subtil jouant sur nos dépendances. Ici, je vais tenter de mêler échos de mon vécu et pensée objective, sans influencer vos croyances, pour vous proposer une lecture ouverte et réfléchie.

Qu’est-ce qu’un contrat d’âme ?

Les contrats d’âme sont des accords passés avec d’autres âmes avant notre incarnation. Ils peuvent concerner l’amour, la vie professionnelle, ou des événements traumatiques, choisis pour nous faire apprendre certaines leçons.

La plupart du temps, ces contrats sont émotionnellement intenses. Ils sont là pour nous bousculer, nous confronter à nos limites, nous ouvrir le cœur et nous enseigner la compassion. Ils nous invitent à accepter que rien n’est fondamentalement bon ou mauvais : chaque expérience est une opportunité d’apprentissage.

Ils peuvent se manifester par une rencontre unique ou par un lien persistant à travers plusieurs vies. L’essentiel est de comprendre que nous sommes tous interconnectés et que nos actions ont un impact sur les autres.

Les différentes catégories de contrats

  1. Les rencontres de passage

Ce sont des interactions brèves, parfois un mot, un geste, un événement qui change notre perception. Cela peut aller de la simple aide à une prise de conscience, à un accident où la personne liée au contrat n’est jamais rencontrée. Ces contrats sont modulables et jouent avec le libre arbitre, souvent de manière subtile.

  1. Les âmes soutiens

Ces âmes jouent un rôle temporaire ou durable et ciblé dans notre vie : un patron, un ami, un mentor. Elles peuvent être source d’épreuves ou de guidance. Elles ne font pas toujours partie de notre famille d’âme, mais leur présence est précieuse pour certaines expériences précises.

  1. Les contrats conséquents

Ce sont des liens profonds, qui peuvent nous accompagner toute une vie ou traverser plusieurs incarnations. Je n’aborderai volontairement que les liens dont on entend le plus parler car ils sont souvent réduit dans leur compréhension ou idéalisés.

  • Le contrat familial
    Ce type de contrat concerne notre famille proche (parents, frères, sœurs, animaux de compagnie…). Les membres de la famille sont là pour nous accompagner dans la vie intime, la vie de famille, le travail transgénérationnel. On retrouve parfois des schémas karmiques à travailler ensemble, ou des mémoires anciennes à nettoyer. Chaque membre joue un rôle précis, selon ce que les âmes ont choisi, et ce lien peut évoluer au fil du temps. L’objectif n’est pas de tout comprendre, mais de percevoir l’impact et de grandir grâce à ces interactions.

  • Les âmes sœurs
    Loin de se limiter à l’amour romantique, une âme sœur peut également être un·e ami·e avec qui l’on sent un lien très particulier. Elle peut être bénéfique ou toxique, mais toujours signifiante pour notre évolution. Ces liens se construisent et se vivent sur plusieurs vies ou une seule, nous poussant à apprendre, à soutenir et à recevoir en retour.

  • Les flammes jumelles
    Les flammes jumelles (FJ) sont des liens rares et intenses, visant l’exploration de l’amour inconditionnel — envers soi-même d’abord. La rencontre avec une FJ est souvent éprouvante et déstabilisante, et beaucoup croient reconnaître les signes avant même de les vérifier. Indépendamment de la véracité ou non de ce lien, ce qui compte est ce que nous choisissons d’en faire et les apprentissages que nous intégrons.

Ces relations sont exploitées par certains pour maintenir la dépendance affective ou vendre des illusions. La dynamique d’une FJ est complexe : même la réunion des deux âmes ne garantit pas un bonheur absolu. Souvent, la seule issue est de se reconnecter à soi, de reprendre sa vie en main et de s’épanouir pour soi.

  • Autres liens
    Il existe d’autres types de contrats, comme les âmes jumelles, les âmes doubles, ou les âmes sœurs primordiales. Chacun est libre de choisir ce qui résonne pour lui, de façon à construire sa vérité personnelle.

La nécessité du discernement

Les expériences spirituelles peuvent nous perdre si nous ne restons pas ancrés. Il est vital de distinguer la réalité de nos projections ou des influences extérieures. L’énergie et les signes sont des outils, pas des maîtres : ils soutiennent nos actions, mais ne remplacent pas nos choix.

Le discernement passe par l’ancrage, l’observation de nos réactions et le retour à notre vie terrestre. Lorsque nous sommes alignés, nous faisons la différence entre paranoïa et réalité, et nous agissons avec clarté. Quand nous nous désalignons, notre esprit s’emballe et nous perdons pied.

Conclusion

Les contrats d’âme sont nombreux et variés. Certains sont subtils, d’autres profonds, mais tous invitent à reconnaître l’interconnexion entre les âmes et à grandir grâce à ces rencontres. La spiritualité nous ouvre des portes, mais la vie réelle se joue ici et maintenant, dans nos choix, nos actions et notre alignement.

Contrats d'âme

"Tout ce qui est juste n’est pas forcément agréable". J’ai expérimenté cette phrase bien des fois, c’est en m'engouffrant dans le chaos des flammes jumelles que j’ai compris sa grande justesse.

Lorsque j’ai rencontré ce lien particulier, j’ai su dès le premier instant qu’il n’était pas comme les autres. Je n’étais pas fascinée par son apparence, ni séduite au sens classique ; c’était bien plus profond. Avant même de le voir, je l’ai senti arriver dans mon énergie, comme une prédiction, une certitude silencieuse qu’un événement majeur allait se produire. Puis je l’ai vu apparaître, comme ressortir au milieu des autres… et j’aurais reconnu cette présence entre mille autres. C’était ineffable, une sorte de transcendance : ce n’était pas une rencontre, c’était un retour, un rappel qu’une connexion profonde existait depuis bien avant.

Mon corps, mon mental et mon énergie ont réagi violemment aux différents contacts. Des crises de panique surgissaient sans raison, me faisant perdre contact avec la réalité. Parfois, je « décrochais » complètement et le seul moyen de revenir était de me faire mal. Je faisais des rêves prémonitoires, où des messages se confirmaient dans les 48 heures. J’étais adolescente, incapable de comprendre, mais consciente que ce que je vivais dépassait ma simple perception : ce n’était pas « juste dans ma tête ».

La dépendance s’est installée, intense et terrifiante. J’avais la blessure d’abandon, et la peur viscérale de le perdre. Je donnais tout, m’oubliais, m’accrochais à des illusions et à des mensonges. Mes réactions étaient souvent incohérentes, décorrélées de la logique, comme si je n’étais plus moi-même. Malgré les nombreuses années qui s’écoulaient, je ressentais encore et toujours cette dépendance. Même durant ses absences.

En pleine dépression, après la perte de mon père et en proie à un burn-out, la spiritualité est alors devenue mon refuge, mon doudou : les signes, les prédictions, me rassuraient profondément. Cette croyance que les événements avaient un sens était vitale. C’est à cette même période que je commençais mon Shadow Work. Perdue entre ce lien et mes retrouvailles personnelles, j’étais persuadée d’agir “de la bonne façon”, je faisais “de mon mieux pour moi-même” tout en me sacrifiant pour lui. J’étais comme partagée entre la guérison de mon enfant intérieur et la soumission de ma personne à un autre qui m’étais extérieur.

Beaucoup de discours spirituels m’enfermaient encore plus. « Tu ne fais pas assez, tu dois tout donner, mais aussi t’affirmer… ». Des tas de vidéos qui me répétaient en boucle que si je faisais si ou ça alors il reviendrait, que si ce n'était pas le cas c'était ma faute, je n'avais pas assez travaillé. Contradictoire, culpabilisant, destructeur. Des "thérapeutes" qui te proposent leurs services pour t'enfermer dans cette culpabilité et faire de ta blessure un commerce. À côté, d’autres voix plus terre à terre m’ont rappelé que la vie se joue ici et maintenant, et que je pouvais reprendre le contrôle. La prise de conscience a été douloureuse, mais elle m’a permis de commencer à m’extraire de cette spirale.

L’élément déclencheur pour dire « stop » a été la lucidité face aux abus et aux mensonges. J’ai choisi d’observer mes comportements, mes illusions, mes pleurs quotidiens, et j’ai compris que je me mentais à moi-même. Le premier souffle de liberté est arrivé le jour où j’ai osé poser mes limites, envoyer promener les illusions et accepter que certaines histoires devaient se terminer. J’ai pleuré, eu peur, recraqué ensuite… mais à chaque geste vers ma liberté, mon souffle revenait un peu plus.

Les apprentissages ont été puissants. Le plus courageux : accepter de laisser partir et comprendre que tout ne dépendait pas de moi. Le plus impactant : réaliser que je n’avais plus à me sacrifier pour un autre, que je méritais le bonheur que je choisissais pour moi-même. Ces prises de conscience ont transformé ma vie.

Aujourd’hui, je suis plus épanouie, alignée, libre. Je continue parfois à percevoir des résidus énergétiques, des sensations fugaces, mais ils n’influencent plus ma vie. Je respire, je vis, et je choisis ma joie. Je ne cherche plus la validation de ce lien, je ne garde pour moi que ce qu’il m’a appris.

Je partage ce témoignage pour tendre la main à ceux qui traversent des liens intenses et douloureux : vous pouvez en sortir, retrouver votre énergie et votre liberté, avec bienveillance envers vous-même. Le chemin est difficile, il demande courage et patience, mais il mène à une force et à une clarté que rien d’autre ne procure.

Témoignage personnel : traverser l'intensité d'un lien