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Les rudiments de l'énergie : Comprendre, ressentir et s’ancrer dans le flux du vivant

EN PRATIQUE

Perrine Lépolard

1/27/20264 min read

La pratique énergétique n’est pas réservée à une élite ou à quelques initié·es. Elle est une capacité humaine naturelle, que l’on choisit — ou non — de développer. Comme pour le dessin, la musique ou l’écriture, certain·es ressentent très tôt l’appel, d’autres y viennent plus tard, parfois après une longue coupure. Parfois c’est un choix conscient, parfois c’est l’énergie elle-même qui nous rappelle à elle.

Si l’énergie est accessible à toutes et tous, elle demande cependant une base solide. Des fondations. Des rudiments. Cet article a pour vocation de poser ces bases : non pas pour enfermer l’énergétique dans un cadre rigide, mais pour offrir des repères clairs, incarnés et accessibles à celles et ceux qui souhaitent explorer, comprendre et pratiquer avec justesse.

Qu'est-ce que l'énergie ?

Le mot « énergie » recouvre de multiples réalités. Les définitions scientifiques parlent de puissance, de potentiel, de capacité d’action. Les traditions spirituelles évoquent le souffle vital, la force de vie, le courant créateur.

En réalité, l’énergie traverse toutes ces dimensions à la fois. Elle est physique, émotionnelle, mentale et spirituelle. Elle relie, informe, met en mouvement et transforme.

On dit souvent que l’énergie suit la pensée. Autrement dit, elle répond à l’intention. Elle est la manifestation d’un mouvement intérieur rendu visible ou perceptible dans la matière.

L’énergie est un flux d’informations en circulation permanente. Elle constitue toute chose, et toute chose est constituée d’elle. Les traditions alchimiques résument cela ainsi :

« Un est tout, et tout est un. »

Travailler avec l’énergie commence toujours par soi. Nous sommes à la fois le point de départ, le terrain d’exploration et l’outil de perception. Apprendre à sentir l’énergie, c’est apprendre à se rencontrer.

L'énergie comme miroir : soi et l'autre

L’écoute énergétique est une écoute intérieure. Elle nous invite à reconnaître ce que nous portons : nos émotions, nos mémoires, nos croyances, notre histoire.

Mais cette écoute ne se déploie pleinement que dans la relation. L’autre agit comme un miroir : il révèle nos zones d’ombre, nos blessures, mais aussi notre lumière. Et nous devenons, en retour, le miroir de l’autre.

Chaque rencontre est un échange énergétique. Un mouvement. Un ajustement. Comme une partie de ping-pong subtile où chaque renvoi fait circuler l’information et affine la conscience.

C’est dans cet équilibre que se construit une posture juste : ancrée, centrée, présente. Une posture que l’on retrouve dans de nombreuses traditions chamaniques — celle d’un être capable d’être en résonance sans se laisser envahir.

Lors d’un soin ou d’un accompagnement, cette posture devient essentielle : nous ne faisons pas l’énergie, nous la laissons circuler. Nous devenons canal, passage, tunnel conducteur.

Les deux grandes sources d'énergie : Terre et Ciel

Dans le travail énergétique, on distingue souvent deux courants fondamentaux.

  1. L’énergie de la Terre (énergie tellurique)

Dense, stable et nourrissante, elle soutient l’incarnation. Elle est liée au corps, à la matière, à la sécurité intérieure, à l’ancrage. Elle porte la mémoire du vivant.

Se relier à l’énergie de la Terre, c’est revenir ici et maintenant. Dans le corps. Dans la présence.

  1. L’énergie du Ciel (énergie cosmique)

Subtile, légère et expansive, elle élève la conscience. Elle apporte inspiration, clarté, intuition et ouverture spirituelle.

  1. L’équilibre Terre-Ciel

Ces deux énergies se rencontrent en nous. Leur équilibre est fondamental. Trop de Ciel sans Terre mène à la dispersion ; trop de Terre sans Ciel peut enfermer.

Les traditions parlent de yin et de yang, ou encore de kundalini : cette énergie qui s’élève de la Terre vers le Ciel pour unifier les plans.

Les plans de manifestation de l'énergie

L’énergie se déploie sur plusieurs niveaux :

  • Physique : vitalité, mouvement, souffle

  • Émotionnel : ressentis, vagues intérieures

  • Mental : pensées, intentions

  • Spirituel : conscience, vibration, connexion

Ces plans interagissent en permanence. Une émotion peut bloquer le corps, une pensée peut modifier la circulation énergétique, une expérience spirituelle peut transformer la matière.

Rien n’est séparé. Tout communique.

Clarté intérieure et transformation

On parle souvent de « guérir ses blessures ». J’aime plutôt parler de s’accueillir. D’oser se regarder.

L’alchimie intérieure nous enseigne que la lumière n’apparaît pas en forçant, mais en laissant tomber ce qui fait écran. Dans le langage symbolique, on parle de « percer l’ego » — non pour le détruire, mais pour le rendre plus souple, plus transparent.

Ce processus passe par une phase de dissolution : accepter de voir ce qui pèse, ce qui limite, ce qui n’est plus juste. C’est une mise à nu nécessaire pour que la lumière déjà présente puisse circuler.

La clarté naît de l’ouverture. Elle est le fruit d’un chemin patient, fait de pardon, de compréhension, de responsabilité et de déconstruction des projections.

L'ancrage : la base de toute pratique

L’ancrage est ce qui nous relie à la Terre et au corps. Être ancré, c’est être pleinement présent·e à ce que l’on fait, ressent et vit.

On manque d’ancrage lorsque l’on « plane », que l’on agit par automatisme ou que l’on se sent déconnecté·e de l’instant.

En énergétique, l’ancrage est indispensable. Il permet de revenir dans le corps après un travail subtil et d’éviter la dispersion. S’ancrer, c’est revenir à soi. À ce qui est réel, tangible, vivant.

La respiration : pont entre les plans

Le souffle est l’un des outils les plus simples et les plus puissants pour harmoniser l’énergie. Il relie le corps, l’émotionnel et le spirituel.

Respirer consciemment, c’est accueillir et libérer. C’est stabiliser le système nerveux, clarifier le mental et fluidifier les circulations énergétiques.

Il n’y a pas de « bonne » respiration universelle, mais une respiration juste pour soi, à explorer avec douceur, régularité et plaisir.

Le souffle est un soin en lui-même.

La protection énergétique

Se protéger ne relève ni de la peur ni de la croyance au « mal ». C’est une question d’hygiène énergétique.

Nous sommes traversé·es en permanence par des influences : émotions des autres, formes-pensées, environnements chargés. Se protéger, c’est préserver son intégrité et sa clarté.

La meilleure protection reste l’alignement. Plus notre vibration est stable, ancrée et consciente, moins nous sommes atteignables.

La protection n’est pas une barrière rigide, mais un positionnement intérieur clair.

Conclusion : Une exploration vivante

L’énergétique n’est pas une technique figée. C’est une relation vivante avec le flux du monde. Elle demande de la présence, de l’humilité, de la pratique et beaucoup de bienveillance envers soi-même.

Les rudiments ne sont pas des règles, mais des appuis. Des fondations pour explorer en sécurité, en conscience et en liberté.

L’énergie est déjà là. Il ne reste qu’à apprendre à l’écouter.

Les rudiments de l'énergie